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mercredi 27 février 2013

Je crois que ce sera beau, ça

Depuis vendredi, les idées se sont mises à me venir en anglais. Don't ask. C'est probablement parce que je me suis remise à lire des romans de ma romancière américaine préférée, Nora Roberts, dont le style, lyrique par endroits, a souvent un effet déclencheur pour moi.

Je viens de terminer les mots et la musique d'une chanson qui n'a d'ailleurs rien à voir avec Nora Roberts, mais qui est en anglais. (Vous suivez toujours ? C'est bien.) J'ai vraiment hâte que vous l'entendiez, chantée par Élisabeth. Je ne sais pas si j'ai ajouté quelque chose aux trois milliards de chansons du monde mais moi, je suis passablement satisfaite de cette chanson-là. On ne fait pas plus sombre, plus désespéré, plus désespérant (ça fait toujours rire !)

Même si elle est en anglais, je ne crois pas qu'elle demande de traduction ici.

Je m'attends que mon frère me dise : « Coudon, t'es gaie, toi, ces temps-ci ! »


LOSER

COUPLET
Shouldn't have wanted to shouldn’t shouldn’t
Shouldn't have needed to shouldn’t shouldn’t
Shouldn’t have wanted shouldn’t have needed shouldn’t shouldn’t
Shouldn't (3)

Couldn't do what you wanted
Couldn't do what I wanted
Couldn’t do nothing not one stupid thing
Couldn't (2)

REFRAIN
Shouldn't couldn't
Loser words
Loser living in a loser's world
Paying the cost
Wires so crossed
Loser loser loser lost
Loser so lost lost in the frost
Loser so lost so lost

COUPLET
Shouldn't have given up shouldn’t shouldn’t
Shouldn't have blown it up shouldn’t shouldn’t
Shouldn’t have given shouldn’t have stolen shouldn’t shouldn’t
Shouldn't (3)

Couldn't be who you wanted
Couldn't be what I wanted
Couldn't (3)

REFRAIN

SOLO VOCAL
Down so low there's no way back up
Lost so far there's no catching up
Lost my cool my sleep my soul
Lost my hopes in a deep black hole
Lost you lost me lost everything
Lost in a winter won’t be any spring
Lost so far there'll be no catching up
Down so low there's no way back up (20
Down so low (2)
So low so lost

DERNIER REFRAIN
Shouldn't couldn't
Loser words
Loser living in a loser's world
Paying the cost
Wires so crossed
Loser loser loser lost
Loser so lost lost in the frost loser so lost
Down so low
So low (2)
So lost

Merci, Élisabeth

Ce sera demain soir la troisième session de l'atelier en marge duquel j'ai écrit la chanson Est où maman. Élisabeth a gentiment accepté d'en faire rapidement une version chantée. C'est ridicule mais ma chanson me fait monter les larmes aux yeux — peut-être pas si ridicule quand Élisabeth elle-même a dit qu'elle l'avait lue en vitesse pour éviter que sa voix se noue trop. Considérez ça comme un avertissement. Je la mets en ligne ici, Est où maman, en version brute, avec sa conclusion qui manque un peu (?) de fini. Je compte retravailler le tout la semaine prochaine.

Hier, conférence de Stéphane Venne. Le thème annoncé était de discuter de ce qui fait que certaines chansons vont vous tourner dans la tête à l'infini. Au-delà d'en présenter de nombreuses, l'analyse a tourné court. Venne a présenté une conférence bien structurée, appuyée sur une présentation bien montée, mais pour de ce qui est du thème proprement dit, nous resterons sur notre faim.

Cependant, il a abordé rapidement quelques thèmes intéressants. Notamment, le manque de véritable formation en écriture de chanson au Québec, par opposition au monde anglophone où Berklee aux États-Unis, ou l'Institute of Contemporary Music Performance, à Londres, proposent des études de niveau universitaire sur cet art. L'année de formation offerte à Drummondville se concentre sur l'interprétation au point qu'on m'a dit sans détour que je perdrais mon temps à chercher à m'inscrire puisque je ne chante pas.

Il a aussi posé une question qui me… euh… m'interpelle (on sait à quel point cette expression m'horripile). Disons une question qui me turlupine. La question était : est-ce que la ligne de musique que je viens d'écrire ajoute quelque chose aux trois milliards de chansons déjà écrites ? J'y ai réfléchi un peu et pour le moment, je me dis que si la question a certainement sa raison d'être pour un auteur qui a fait de l'écriture sa profession, se pose-t-elle dans ces mêmes termes pour les gens comme moi ? Le doit-elle ? (On s'entend bien que chercher à bien écrire devrait rester une préoccupation première.) À ce compte-là, la question ne se pose-t-elle pas aussi pour tous les arts ? Mon amie M., qui publie actuellement dans son nouveau blogue un récit fort joliment écrit et fort joliment illustré, devrait-elle se demander ce qu'elle ajoute à la littérature et à l'art pictural des siècles ? Poser la question, c'est y répondre, il me semble.

Et zut pour la philosophie. Si je reviens à l'objectif que je m'étais proposé pour le mois de février, soit d'écrire quatorze chanson, c'est essentiellement un objectif un peu ridicule, mais c'est le mien. C'est comme ça. Ce qui fait que pour le remplir, il ne me reste que deux jours. Il me reste cinq chansons à écrire, dont trois sont déjà fort avancées et devraient être terminées aujourd'hui. Ok, peut-être qu'elles n'ajouteront rien aux trois milliards de chansons déjà écrites dans le monde. Quoique… Téka. Bye.

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mercredi 20 février 2013

Ça revient, tranquillement pas vite

À la deuxième session de l'atelier d'écriture, l'animateur nous propose les contraintes suivantes : définir un personnage, un moment, un lieu et une situation qui doit avoir un rapport avec le thème de l'attente. En quatre vers. Je suis d'abord arrivée à ceci :

Sagement sur le divan, Petit Chou attend maman.
Dans la chambre d'à côté, elle s'est vidée de son sang.
Les deux monsieurs policiers parlent fort à l'oncle Jean.
Sagement sur le divan, Petit Chou attend maman.


À la dernière minute, je me suis aperçue que je n'avais pas bien défini le moment. En catastrophe, j'ai remplacé Sagement sur le divan par Encore dans son pyjama. Pas super comme grammaire, mais bon, pour l'exercice, on ferait avec. J'aimais bien l'idée de la répétition pour le quatrième vers, une répétition qui accentue l'impression d'attente.

Quand j'ai lu ma petite strophe, l'animateur m'a regardée avec un demi-sourire et a dit, il faudra se souvenir de ça tantôt.

Et vlà-t-il-tu pas qu'a la fin de l'atelier, il nous propose un « devoir », soit de rédiger une chanson sur le thème suivant : j'ai six ans et je pense à ma vie.

Toute l'idée, bien sûr (enfin, c'est la façon dont je comprends l'exercice), étant de peindre un petit tableau de vie sans jamais sortir du vocabulaire, des émotions et des capacités d'expression de soi d'un enfant. Et à ce compte-là, de rester aussi dans les limites de l'imagination mélodique d'un enfant. Une étendue sonore limitée, pas de variations harmoniques. Justement, le site FAWM proposait de créer une chanson sur une gamme pentatonique. GO.

Voici donc la chanson de Petit Chou. Ne critiquez pas ma grammaire, c'est celle d'un enfant de six ans qui, oui, dit Pourtant j'ai pas rien fait de mal. J'avais fini les mots déjà lundi mais je n'arrivais à rien pour la mélodie. Ç'a débloqué cet après-midi. Je comprends que j'y arrive quand une phrase obsédante se met à me tourner dans la tête.


J'AI PEUR

Paroles et musique : Hélène Dion

COUPLET
J'aime pas ça quand papa crie
Je me cache vite en dessous de mon lit
J'aime pas ça quand maman pleure
J'ai peur

C'est sûrement à cause de moi
C'est ma faute je ne sais pas pourquoi
Ils m’envoient coucher ailleurs
J'ai peur j’ai peur

Quand papa tape ça fait mal
Pourtant j'ai pas rien fait de mal
[Il a] tapé maman t’a l’heure
J’ai peur

REFRAIN
Où est maman
Je veux voir maman
Je sais pas ce que j’ai fait
Je le ferai plus je promets
Je le ferai plus plus jamais
Où est maman
Je veux voir maman
J’ai mal au cœur
J'ai peur j’ai peur

COUPLET

Papa est parti en rage
J’m’étais caché dans le garage
Maman dort ça fait des heures
J’ai peur

Maman est couchée par terre
Elle dit rien les yeux ouverts
La maison est [à la] noirceur
J’ai peur j’ai peur

J’sais comment faire 911
S'il vous plaît venez vite quelqu’un
Peut-être un monsieur docteur
J’ai peur

REFRAIN

©Communication Cinq sur cinq inc.

Et en prime, j'ai trouvé le moyen de résoudre mon problème de pommier et de pommes. C'était si simple, il suffisait d'y penser (ben voyons !) : ne pas finir la phrase avec le mot pomme. Mon premier vers (oui, oui, ver de pomme, vers demain, vermillon, alouette, ah ah ah ah) sera tout simplement :

Comme un pommier fait des pommes chaque année.
Et ça continue avec
Comme l'abeille fait du miel toute la journée.

Et à force de le chanter, j'ai aussi trouvé comment faire coexister les deux accents de Comme un pommier pour mon refrain. Ouf ! Je peux respirer. Pour ce soir, ma journée est finie.

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samedi 18 février 2012

FAWM ou pas FAWM

Je m’habitue tranquillement à l’idée que je n’écrirai probablement pas quatorze chansons en février cette année. Ça n’a bien sûr aucune espèce d’importance, si ce n’est que je m’étais un peu avancée à ce sujet sur ce blogue.

Le blogue lui-même a pris du temps. De plus, j’en fais plus sur chaque chanson, harmonisation, orchestration et production. Aujourd’hui, par exemple, j’ai fignolé la trame sonore de Il neige encore à partir des essais que j’ai faits hier avec Élisabeth. Ce matin, en me réveillant, j’ai retravaillé les mots de C’était notre maison, aussi après discussion avec Élisabeth. Elle trouvait trop brutal le contraste entre le premier et le deuxième couplet. Moi, je trouvais – comme je l’ai écrit ici – que la fin du premier couplet annonçait déjà le drame. Élisabeth trouvait que cette fin pouvait laisser présager un malheur, comme la fin d’un couple, mais pas forcément un drame.

Voici les changements :

Avant
Ils ont enlevé la balançoire
Où on allait jaser le soir
Les enfants sur les genoux
Ils ont coupé le vieux sapin
C’est vrai qu’il tirait à sa fin
Il était là avant nous
Je reviens trois quatre fois par année
Ça sert à rien qu’à me torturer
Je sais toujours pas ce que j’aurais pu voir
Ce que j’aurais dû j’aurais dû savoir

Après
Ils ont enlevé la balançoire
(et la suite, telle quelle, jusqu'à :)
Il était là avant nous
Tous les voisins en parlent encore
L’histoire affreuse avec trois morts
Je sais toujours pas ce que j’aurais pu voir
Ce que j’aurais dû j’aurais dû savoir

Et j’ai adouci légèrement le deuxième couplet. Les chiens ont disparu, l’escalier aussi.
Ils ont posé des vitres thermales
Ils ont enlevé les traces des balles
De dehors on voit rien
Les petites auraient maintenant treize ans
Y a bien longtemps qu’il reste plus de sang
Y a juste moi qui me souviens
(et la suite sans changement)

Je n’ai toujours pas trouvé une façon simple et rapide de présenter ici la partie musique d’une chanson, et d’en montrer l’évolution comme je peux le faire avec les paroles. La nouvelle version instrumentale de Il neige encore, par exemple, est maintenant conçue pour laisser sa place à la voix, donc il n’y a plus de mélodie. C’est très joli, j’en suis plutôt satisfaite (c’est à espérer, après près d’une demi-journée de travail !)… mais ça ne s’écoute plus tout seul.

Mardi soir, le 21, je participe à une session de formation. Deux formateurs, Alain Leblanc et Nelson Minville, écouteront et commenteront dix chansons, dont une des miennes. Je ne sais pas encore quelle chanson je présenterai, j’hésite entre deux, C’est les fleurs (celle-là, je la mets en ligne demain) et Il neige encore. Cette dernière n’est pas produite encore entièrement mais Internet est mon ami : j’ai envoyé la nouvelle version instrumentale de la chanson à Élisabeth qui va s’en servir pour enregistrer une piste de voix qu’elle m’enverra à son tour, de façon à ce que je l’incorpore à mon fichier. Roger passera ensuite après nous pour faire un mixage un peu plus présentable.

Ce qui me fait un mois de février passablement occupé… et en plus j’ai un travail de client, qui va me prendre passablement de temps la semaine prochaine. Alors FAWM ou pas FAWM ? Probablement pas FAWM. Tant pis.

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lundi 13 février 2012

La petite maison

C’était notre maison

Elle s’est retrouvée affreusement triste, la maison. J’étais partie avec l’idée d’une évocation des temps heureux, mais je ne savais pas encore ce qui était arrivé. Peu à peu s’est imposée l’idée d’une maison où il y a eu un drame affreux, un drame comme nous en avons connu ces dernières semaines. La personne qui chante a survécu au drame et revient devant cette maison qui avait été la sienne, la leur. Les différences de la maison actuelle avec l’ancienne maison sont d’abord banales, puis des souvenirs terribles sont évoqués, et la terrible angoisse de survivre.

C’était notre maison


Paroles et musique : Hélène Dion

COUPLET
Ils ont enlevé la balançoire
Où on allait jaser le soir
Les enfants sur les genoux

Ils ont coupé le vieux sapin
C’est vrai qu’il tirait à sa fin
Il était là avant nous

Je reviens trois quatre fois par année
Ça sert à rien qu’à me torturer
Je sais toujours pas ce que j’aurais pu voir
Ce que j’aurais dû j’aurais dû savoir

REFRAIN
C’était notre maison
Depuis tant de saisons
Je nous trouvais tellement chanceux
Je croyais qu’on était heureux
C’était notre maison
Notre belle petite maison

COUPLET
Ils ont posé des vitres thermales
Ils ont enlevé les traces des balles
Et les corps des deux chiens

Les petites auraient maintenant treize ans
Dans l’escalier il n’y a plus de sang
Y a juste moi qui me souviens

Ç’a fait dix ans la semaine dernière
Pour moi ce sera toujours hier
J’sais toujours pas c’que j’aurais pu voir
Ce que j’aurais dû j’aurais dû savoir

PONT
J’ai été deux jours dans le coma entre la vie et la mort
J’ai été des mois à pleurer toutes les larmes de mon corps
J’ai réappris à vivre avec la mort en dedans
Avec un cri en dedans avec un cri tout le temps

REFRAIN
C’était notre maison
Depuis tant de saisons
Je nous trouvais tellement chanceux
Je croyais qu’on était heureux
C’était notre maison
Mais c’était sa prison


©2012 Communication Cinq sur cinq inc.

Dans son commentaire sur le billet où je parle de J’ai l’goût, Suzanne me dit qu’elle attend la musique. De fait, c’est un problème, pour ce blogue, la musique. Ces derniers jours, j’ai fait des expériences avec un logiciel qui produit une lecture chantée par une chanteuse virtuelle (Harmony Assistant, de Myriad, et son module complémentaire, Virtual Singer - 110 CAD, un cadeau). C’est fort surprenant parce que la prononciation et l’intonation sont à peu près impeccables, le timbre de base est plaisant et modifiable à l’infini, mais en revanche, je n’ai pas trouvé comment faire varier l’intensité autrement qu’en repassant note par note, ce qui est beaucoup trop long et dépourvu d’intérêt. 

Je m’attends à me faire réprimander par Élisabeth, qui me presse de tout simplement enregistrer une interprétation au clavier. Demain, peut-être.

D’autant plus que la mélodie de la maison ne me satisfait pas pleinement. Le refrain oui, le couplet non. 

Soupir. Et pause pour la nuit.